Olympie en toute liberté

D'aucuns trouvent que le site d'Olympie manque d'intérêt, parce qu'on n'y voit que des ruines. Evidemment, rien à voir avec Versailles... A part quelques édifices très restaurés, combien compte-t-on de temples grecs encore debout ? Sur la plupart des sites antiques, on ne peut souvent qu'admirer des vestiges de colonnes et des bases de fondations.

Pour que la visite d'un site comme Olympie soit intéressante, il faut faire preuve de deux choses :

  1. un peu de curiosité
  2. beaucoup d'imagination

La Grèce antique, ça évoque quoi pour tous ceux qui n'ont pas fait d'études poussées en histoire ? La mythologie, des dieux et des demi-dieux, Apollon et Hercule, une grande civilisation qui savait cultiver l'amour du beau, des statues et des temples de marbre blanc, le berceau de la démocratie, les fondements de la langue française... Eh bien, c'est déjà un début !

Tout ça est un peu flou dans notre esprit, peu de repères de dates, pas de base solide en architecture, faut-il se replonger dans nos livres d'histoire ? Pas vraiment, un petit résumé devrait suffire.

Prêts pour la visite ? C'est parti !

Evidemment, Olympie vous fait d'abord penser aux jeux olympiques. Eh oui, c'est bien ce lieu qui a donné son nom aux JO. Les premiers jeux eurent lieu ici, en 776 avant JC, et cette date est considérée comme le début de l'histoire de la Grèce antique.

On divise en gros l'antiquité grecque en 3 périodes :

  1. l'époque archaïque (du 8ème au 6ème av JC)
  2. l'époque classique (5ème siècle av JC – l'apogée ! le fameux siècle de Périclès)
  3. l'époque héllénistique (4ème au 1er av JC)

Si je fais allusion à ces repères chronologiques, c'est parce qu'à Olympie comme sur la majorité des sites, on trouve des vestiges de différentes époques. De même que nos églises gothiques ont souvent été bâties à partir d'édifices romans, voire paléochrétiens, les sites antiques sont souvent fondés sur des bases plus anciennes, et ont perduré dans le temps, avec des ajouts successifs.

Et on comprend les anciens, ils avaient bon goût pour choisir leurs sites. Olympie se trouve dans une région fertile, et le cadre est absolument charmant (passons sur la ville moderne qui n'a aucun intérêt). C'était "le bois de Zeus"...

Les jeux datent donc de l'époque archaïque, c'est-à-dire celle où les "cités-état" se faisaient la guerre. C'est qu'ils étaient belliqueux nos ancêtres grecs ! On dit qu'ils ont inventé la démocratie, mais que de chemin avant d'y parvenir !

Les jeux ont perduré jusqu'à la romanisation de la Grèce.

Donc comme il y avait pas mal de querelles d'une cité à l'autre pour gagner quelques lopins de terre, un pacifiste eut l'idée d'imposer une trêve, pendant laquelle on s'affronterait avec fairplay, juste pour les honneurs. Le tout sur fond de ferveur religieuse. Parce qu'Olympie, c'est avant tout un sanctuaire... La participation aux jeux était aussi une façon de célébrer les dieux, tout en faisant la fête, cela va sans dire.

 

Au cours de la visite nous allons donc voir essentiellement des bases de fondations et quelques colonnes qui ont été redressées. C'est peu. Je trouve préférable de visiter le musée en premier, il possède une très belle maquette du site reconstitué, ainsi que les fragments de sculptures qui ornaient le fronton du temple de Zeus, qui vont nous permettre de faire fonctionner notre imagination.

 

 

 La visite commence par le gymnase, dont il ne reste pas grand chose, et par la palestre. C'était un édifice carré, avec une cour intérieure et une colonnade tout autour. Les athlètes venaient s'y entraîner.

C'est grâce notamment aux poteries qui sont parvenues jusqu'à nous que l'on a une idée des différentes épreuves qui se déroulaient à Olympie. Lutte, pugilat, courses hippiques, saut, course à pied, lancer du disque ou du javelot... là aussi, il faut faire travailler son imagination pour se figurer les jeunes athlètes en plein effort.

 

 

 

 

L'atelier de Phidias

Si l'on ne doit mémoriser qu'un seul nom de sculpteur grec (surtout si on veut briller dans les dîners en ville), c'est bien celui de Phidias. Nous faisons un bond dans le temps. Phidias, c'est le 5ème siècle, le "grand" siècle de Périclès, l'apogée de la Grèce classique. Périclès était un homme d'état qui sut s'entourer d'artistes pour embellir les villes et magnifier sa puissance. Sur l'importance de Périclès, voir l'excellent numéro hors série n°69 du Nouvel Observateur paru en juillet-août 2008.

Peu d'oeuvres nous sont parvenues intactes de Phidias, mais on sait qu'il avait façonné la monumentale statue de Zeus qui trônait dans le temple du même nom. Elle faisait partie des 7 merveilles du monde antique. Faite d'or et d'ivoire (chryséléphantine), haute de 12,40 mètres, elle a disparu dans l'incendie de Constantinople où elle fût transportée après l'interdiction des jeux.

Elle valut cependant à ce malheureux Phidias bien des soucis. Après avoir sué sang et eau pour la fabriquer, il fut accusé d'avoir volé une partie de l'or qui la composait. Quand je dis "ce malheureux Phidias", notez bien que j'ai de l'admiration pour l'artiste, mais que je n'étais pas là pour juger. Après tout on peut être brillant et malhonnête.

Ce que l'on considère comme l'atelier de Phidias est en fait le soubassement d'une basilique paléochrétienne.

On passe ensuite devant l'hôtellerie qui était un grand bâtiment carré avec des pièces d'eau au milieu, qui accueillait les hauts dignitaires qui séjournaient sur le site pendant les jeux.

Le temple de Zeus

  C'est le monument le plus important puisque le site était dédié au Dieu des Dieux. Le plus impressionnant cependant, c'est sans doute l'accumulation des tambours de colonnes à terre, telles des tranches d'énormes saucissons ! Leur diamètre permet d'imaginer la masse imposante du temple quand il était debout. N'oubliez pas qu'il abritait la colossale statue de Phidias, citée plus haut. Cet amas de colonnes à terre serait le résultat d'un tremblement de terre qui eût lieu à l'époque romaine.

Et pour ceux qui croient encore que les temples grecs étaient en pierre brute comme on les voit aujourd'hui, voir les fragments qu'on peut voir au musée. Il faut bien se souvenir qu'ils étaient peints de couleurs vives.

Remarquez au passage des blocs érodés, composés d'un amalgame "coquillier".

Le temple d'Héra

Il est plus ancien (époque archaïque) que celui de Zeus et de dimensions plus réduite...

 

Le stade

Après être passé devant la terrasse des trésors, on atteint par un passage voûté le stade, de dimensions impressionnantes (213 mètres de long et 29 de large), le plus grand du monde antique. Là il faut s'imaginer la foule sur les pentes des talus. D'un côté, des vestiges de l'emplacement réservé aux juges. Il reste encore les lignes d'arrivée et de départ, matérialisées par des sortes de dalles de pierre striées. (photos). Vingt coureurs pouvaient prendre le départ.

Il est toujours amusant en visitant le stade, de voir les touristes en bermuda faire la course avec leurs enfants. Amusez-vous aussi, Olympie reste finalement un lieu de vie, et ne doit pas être réservé à une élite.

 

Cette visite n'est évidemment pas exhaustive, l'article serait trop long.

J'ai trouvé lors de mon dernier séjour en Grèce un excellent guide consacré au site, absolument passionnant. On y parle de la naissance du sanctuaire et des jeux, de l'aspect religieux, de toutes les épreuves, et on peut se représenter la vie des Grecs de la Grèce antique. (Guides archéologique Explorer, en vente au musée Goulandris, en français).

J'ai vérifié un certain nombre de points dans ce livre pour rédiger cet article, qui n'a pour autre but que de vous donner envie de visiter Olympie en racontant à vos enfants l'histoire de ce site, et sans trop les ennuyer !

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