Monemvasia, la porte étroite

Un joyau dans son écrin

Si vous voulez avoir un aperçu de la Grèce byzantine, vous pouvez inclure dans votre circuit la visite de Monemvasia. Elle n'est certes pas facile d'accès et il vaut mieux avoir du temps car quel que soit votre point de départ vous devrez emprunter des routes sinueuses et assez fatigantes.

Monemvasia est une sorte de "caillou" posé sur la mer, séparé du continent par une langue de terre via un pont. Quand vous regardez cet énorme caillou qui ressemble à un gros animal assoupi, du nord ou du sud depuis la rive, vous ne voyez rien. Vous ne pouvez imaginer qu'il renferme une ville.

Eh oui ! en ces périodes troublées où les Francs, les Vénitiens, les Ottomans lorgnaient sur la Grèce, il valait mieux se faire discret. Pour comprendre un peu mieux où se cache la ville médiévale, il faut regarder le plan qui se trouve à l'entrée.

Quand on prend le pont (à pied ou en voiture) pour emprunter l'unique route qui longe la mer, on arrive soudain devant de hautes murailles plongeant dans la mer, avec une toute petite porte d'entrée d'où Monemvasia tire son nom (entrée unique). Cet accès est construit en chicane, c'est-à-dire qu'une deuxième porte se trouve derrière, mais décalée, pour rendre impossible aux assiégeants les coups de bélier, car il n'y a aucun recul possible. Aujourd'hui encore, aucun véhicule ne peut pénétrer dans l'enceinte médiévale et la ville est approvisionnée à dos d'ânes.

La rue principale, bordée de commerces de souvenirs comme au Mont St-Michel pour ceux qui connaissent, monte un peu et débouche sur la place centrale avec une terrasse sur la mer.

Là on découvrira la première église avec son campanile séparé à l'italienne. Façade de marbre blanc décorée de bas-reliefs ornés de paons. La coupole n'est pas visible d'en bas, mais ses tuiles vernissées brillent de mille feux dès qu'on prend un peu de hauteur.

Il faut ensuite se perdre dans les ruelles, où l'on découvrira plusieurs autres églises byzantines, toutes différentes. Elles sont malheureusement souvent fermées. Les chats et les bougainvillés jouent à cache-cache dans ce lacis tortueux.

monemvasia-30.jpgAprès avoir fait le tour des remparts qui révèlent de magnifiques vue sur la mer, les plus courageux suivront les panneaux indiquant l'église Agia Sofia, Il faut monter par des chemins d'abord empierrés le long des murs d'enceinte, en se retournant souvent pour voir la ville d'en haut. Après une porte et un passage vouté, le chemin deviendra un peu plus caillouteux et abrupt.

Agia Sofia est assez abîmée mais a encore fière allure, et surtout là-haut c'est un hâvre de paix comparée à la ville basse où se pressent les touristes paresseux.

Pratique :

L'ensemble de la ville y compris la ville haute est d'accès libre. Difficile de se garer près de l'entrée sauf à s'y rendre tôt le matin. Pour les paresseux, il y a une navette en bus, mais depuis le pont c'est faisable à pied (un gros quart d'heure). Pour monter à Agia Sofia, chaussures fermées et confortables recommandées et une grande bouteille d'eau. Pour se loger, de préférence dans la ville neuve avant le pont (Gefira) où il y a beaucoup de chambres chez l'habitant, à droite quand on est face à la mer, ainsi que de nombreuses tavernes si le soir on est trop fatigué pour aller plus loin !

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